Impulsore Chresto

 

Résumé :

 

Un archéologue israélien découvre, à quelques centaines de mètres des grottes de Qumram, une cavité récemment apparue à la suite d’un impact de foudre. A l’intérieur reposent les restes d’un Essénien tenant entre ses mains un parchemin affirmant que le Christ n’est pas mort sur la croix. Selon lui, il aurait été décloué, soigné et envoyé à Rome, sur ordre de l’empereur Tibère, pour raison politique.


L’Essénien tiendrait ses sources d’un sénateur romain ayant assisté à la crucifixion. Tout aurait été soigneusement noté et consigné par cinq témoins : ce même sénateur, le grand prêtre Caïphe, Hérode, Ponce Pilate et un centurion nommé Abénabar.


Commence pour Gabriel Morin, un ancien séminariste et Ariella Rothberg, une employée du Mossad, tous les deux mandatés par le Vatican, un périple troublant et angoissant afin de retrouver le document auquel l’Essénien fait allusion.


Leur quête les fera rencontrer les membres d’un ordre mystérieux, créé par le pape Pascal II au XI° siècle, et destiné à protéger ce qui doit rester caché, quelque part sur le Golgotha, à deux pas de l’Eglise du Saint Sépulcre.


Que la foi seule décide si la nouvelle religion doit se multiplier dans le cœur des hommes !

 

EXTRAIT DU ROMAN :

Pilate leva sa coupe et lança :

- A la santé de notre empereur, le divin Tibère. Appius Quietus Veranius eut une moue amusée. Le préfet de Judée, visiblement mal à l'aise, n'avait manifestement pas l'habitude de recevoir des envoyés en provenance de Rome. Et, en ces temps incertains depuis l'exil volontaire de Tibère à Capri, il savait sa situation précaire. La vie d'un haut fonctionnaire, depuis que Séjan, le chef de la garde prétorienne dirigeait la ville éternelle, n'avait guère plus de valeur que celle d'un modeste plébéien.

- A la santé de Tibère, répliqua Appius au bout d'un instant.

Il se saisit d'une galette de blé et l’émietta consciencieusement sans quitter Pilate des yeux.

- Alors, Lucius ? dit-il lorsque la galette fut réduite à un petit monticule sur le sol marbré. Qu'en est-il de la Judée ?  

Pilate se racla la gorge comme pour se donner une contenance et commença :

- C'est un pays difficilement gouvernable. Les campagnes sont infestées de brigands. Les rois et les prétendus messies pullulent. Les réunions de conspirateurs se multiplient. Et c'est partout la même ambition, le même mot d'ordre : se débarrasser de la présence romaine. Je dois donc agir avec la plus grande fermeté tout en ménageant les susceptibilités religieuses des juifs. Ce qui n'est pas chose aisée, crois-moi.

- Leur susceptibilité religieuse n'a pas toujours été ton souci principal, à ce qu'on m'en a dit.

- L'affaire des emblèmes ?

- Par exemple.

Pilate leva les mains en un geste désabusé.

- Qui aurait pu imaginer que la rigidité de leur religion les conduirait à l'émeute ? N'oublions pas que c'est l'effigie même de l'empereur qu'ils refusaient de voir trôner dans la cité. Je te signale, qu’en l'ayant retirée rapidement, j’ai agi dans un souci d'apaisement.

- Ce qui n'a pas été le cas pour les boucliers d'or, ricana Appius en se saisissant d'une nouvelle galette de blé.

- Des boucliers sacrés ! protesta le préfet de Judée. Que leur importait ! Il s'agissait de ma propre résidence. Je ne pouvais tout de même pas faire preuve de faiblesse en cédant à nouveau !

- Ce qui les a amenés à se plaindre directement à l'empereur.

- Qui m'a ordonné de les enlever, je sais. J'avoue avoir été surpris par sa décision.

- Oserais-tu contester un ordre de César ?

Pilate pâlit légèrement puis se ressaisit :

- Bien sûr que non, Appius Quietus. Etre surpris par la nature d'un ordre ne signifie en aucune manière le contester. Cette question signifierait-elle que je ne suis pas apprécié de Tibère ?

- Bien au contraire, Lucius, bien au contraire. D'ailleurs, lorsque tu as largement prélevé dans le trésor du Temple pour financer la construction de l'aqueduc, l'empereur ne t'a adressé aucune remontrance. Même après la nouvelle plainte des juifs concernant les nombreux protestataires que tes hommes ont bastonnés.

Appius se leva, rajusta sa toge et fit quelques pas dans la pièce richement meublée où Pilate avait l'habitude de recevoir ses hôtes. Celle-ci se situait au dernier étage de l'Antonia, dans sa tour sud-est, et les quatre étroites fenêtres percées dans ses flans offraient une vue imprenable et, surtout, stratégique sur le Temple, Jérusalem et ses environs. La citadelle, bâtie sur le Mont Moria où, en son temps, Abraham avait offert son fils Isaac en sacrifice, avait été accolée à l’édifice par Hérode le Grand, une cinquantaine d'années plus tôt.

- Vois-tu Lucius, commença t-il en laissant son regard se perdre dans la nuit, ça fait quatre ans que tu vis ici, loin de Rome. Tu as dû considérer ta nomination comme une mesure coercitive ou pire, d'exil, prise à ton encontre.

- Il est sûr que j'aurais aimé être nommé ailleurs.

- Je sais. Du fait de la haute naissance de ta femme, Claudia Procula, et de tes compétences reconnues, la logique eût voulu que tu sois affecté en Gaule, en Espagne ou en Cyrénaïque. Mais, si tu as été envoyé ici en Judée, c'est que Tibère a su reconnaître en toi l'homme qui saura gérer cette région hautement stratégique pour l'empire.

- Cette terre aride écrasée de soleil ?

Appius se retourna et considéra un instant l'homme qui lui faisait face, tout en passant pensivement la main dans son épaisse chevelure couleur de geai.

- Cette terre aride comme tu dis, reprit-il, se situe à la charnière de nos possessions de Syrie au Nord et du grenier à blé de l'Egypte au Sud. Devant, vers l'Est, les Parthes. Imagine que les juifs, lassés d'une mauvaise gestion de leur préfet, parviennent à convaincre ces barbares d'intervenir. Les routes reliant le nord au sud de l'empire seraient coupées. L'Egypte menacée. Ce serait une véritable catastrophe !

Appius s'accouda au rebord de l'étroite fenêtre et jeta un coup d'œil au-dehors. A ses pieds s'étalait l'esplanade du Temple, brillamment éclairée par les multiples torchères accrochées aux colonnades qui en parcouraient toute la périphérie.

Il désigna d'un geste de la main la ville endormie.

- Il nous fallait un homme suffisamment ferme pour mâter toute velléité de rébellion de leur part, mais aussi assez souple pour ne pas se les aliéner complètement.

- Je comprends et je suis honoré de la confiance de l'empereur, répondit Pilate, visiblement rasséréné.

Appius haussa les épaules et se tourna à nouveau vers le préfet.

- Le problème est que, selon lui, cela ne suffit plus aujourd'hui.

Devant la mine étonnée de son interlocuteur, il poursuivit :

- As-tu déjà entendu parler d'un certain Jehoshua bar Josef ?

 

 

Lire un autre extrait

Interview de l´auteur :

 

Le point de départ de votre roman est la découverte d´un manuscrit à Qumram. Vous n´êtes pas le premier à évoquer ce lieu mythique.

Et sans doute pas le dernier. Ce manuscrit, bien sûr, aurait pu être retrouvé à Jérusalem, lors de fouilles archéologiques, ou même à Rome, dans une catacombe encore inexplorée. Mais Qumram semblait plus logique.

Pourquoi donc ?

A cause de cette polémique qui court encore et qui concerne ce qui est advenu des manuscrits découverts sur les rives de la Mer Morte. Beaucoup pensent que le Vatican cache, ou a détruit, des textes relatifs à l´Eglise chrétienne primitive, des textes susceptibles de remettre en cause les fondements mêmes de la chrétienté. Et un texte niant la mort du Christ sur la croix serait une catastrophe pour l´Eglise.

Dans quelle mesure?

On passerait tout simplement d´une christologie haute, Jésus est le fils de Dieu, mort sur la croix pour racheter nos péchés et ressuscité le troisième jour, à une christologie basse : Jésus était un simple prédicateur parcourant les routes de Judée.

Les pistes qu´explore votre roman ne sont-elles pas hasardeuses ?

Absolument pas. Elles proposent une réponse crédible à bien des questions restées sans réponse concernant non seulement la présence de Chrestos à Rome mais également la nébuleuse des premiers temps de la chrétienté.

Ne craignez-vous pas une critique virulente de la part de chrétiens particulièrement croyants ?

Il y aura toujours des gens qui, sans avoir lu le livre, crieront au scandale. Par contre, je ne crains aucune réaction de la part de ceux qui auront pris la peine de le lire jusqu'au bout.

 

Remarques :

Le roman de Francis Roeckel s´articule sur les affirmations de deux historiens latins : Suétone et Tacite.

Suétone, dans le tome V de la Vie des Douze Césars, déclare : Judeaos, impulsore Chresto assidue tumultuantes, Roma expulit.

Soit, traduit du latin :

Les Juifs provoquant continuellement des troubles à l'instigation de Chrestos, il les chassa de Rome.

Tacite, quant à lui, précise : le nom de chrétien leur vient de Christ qui fut livré au supplice sous Ponce Pilate.

Si on considère ces deux textes comme authentiques, un certain Christ aurait été supplicié sous Ponce Pilate puis serait réapparu neuf ans plus tard, en 42, à Rome sous le règne de l´empereur Claude.

S´agit-il de Jésus de Nazareth ?

Francis Roeckel , pour valider ou infirmer cette hypothèse, construit son roman en proposant des réponses crédibles à un certain nombre de questions particulièrement pertinentes, avec entre autres :

  • Pourquoi aucune source latine ne mentionne t-elle l’existence du Christ ?
  • Pourquoi personne n´est intervenu lorsque Jésus a renversé les tables des changeurs de monnaie ?
  • Ponce Pilate n´a-t-il pas rendu une justice quelque peu singulière ?
  • N´existe-t-il pas une troublante ressemblance entre Jésus et Barrabas ?
  • Peut-on survivre à une crucifixion ?
  • Pourquoi Jésus aurait-il été envoyé à Rome ?
  • Quelle serait la cause des troubles de l´an 42 ?

 

Mais aussi :

 

  • Que sont devenus Pilate et Hérode ?
  • Jésus a-t-il été un membre de la secte des Esséniens ?
  • Est-il allé aux Indes avant de commencer sa prédication ?
  • Les Chrétiens ont-ils mis le feu à Rome ?
  • Que peut-on dire du Saint Suaire ? S'agit-il vraiment d'un faux fabriqué au Moyen Age ?

 

Tous ces éléments contribuent à bâtir un récit troublant, prenant, qui vous maintiendra continuellement en haleine, avec comme véritable obsession : savoir qui était ce Chrestos présent à Rome en 42 ?


Acquérir le roman :

 

Impulsore Chresto
  • 360 pages
  • ISBN : 978-2-9535402-0-8
  • Prix : 20 euros et 3 euros de participation aux frais d'envoi.